« Ouvre ton aile au vent, mon beau ramier sauvage, Laisse à mes doigts brisés ton anneau d’esclavage ! Tu n’as que trop pleuré ton élément, l’amour ; Sois heureux comme lui : sauve-toi sans retour !
Que tu montes la nue, ou que tu rases l’onde, Souviens-toi de l’esclave en traversant le monde : L’esclave t’affranchit pour te rendre à l’amour ; Quitte-moi comme lui : sauve-toi sans retour ! »
Vieux Lyon – collage – photo du 07/02/2025 – clic pour agrandir.
« Reste ici caché : demeure ! Dans une heure, D’un oeil ardent tu verras Sortir du bain l’ingénue, Toute nue, Croisant ses mains sur ses bras.
Car c’est un astre qui brille Qu’une fille Qui sort d’un bain au flot clair, Cherche s’il ne vient personne, Et frissonne, Toute mouillée au grand air. »
Victor Hugo, dans un poème extrait des Orientales.
Un enfant Ca vous décroche un rêve Ca le porte à ses lèvres Et ça part en chantant
Un enfant Avec un peu de chance Ca entend le silence Et ça pleure des diamants Et ça rit à n’en savoir que faire Et ça pleure en nous voyant pleurer Ca s’endort de l’or sous les paupières Et ça dort pour mieux nous faire rêver.
Un enfant Ca écoute le merle Qui dépose ses perles Sur la portée du vent
Un enfant C’est le dernier poète D’un monde qui s’entête A vouloir devenir grand Et ça demande si les nuages ont des ailes Et ça s’inquiète d’une neige tombée Et ça croit que nous sommes fidèles Et ça se doute qu’il n’y a plus de fées.
Mais un enfant Et nous fuyons l’enfance Un enfant Et nous voilà passants Un enfant Et nous voilà patience Un enfant Et nous voilà passés
C’est la dernière rose de l’été Abandonnée en fleur ; Toutes ces belles compagnes, Sans retour sont fanées ; Plus de fleur de sa parenté Plus de boutons de rose à l’article de la mort Pour réfléchir ses rougeurs, Et rendre soupir pour soupir.
Je te laisserai point chère solitaire, Languir sur ta tige ; Puisque sommeillent tes sœurs Va donc les rejoindre. Et par sympathie, je répandrai Tes feuilles sur le sol Où tes compagnes de jardin Gisent mortes et sans parfum.
Puissé-je te suivre bientôt Lorsque l’amitié s’émoussera Et que du cercle magique de l’amour Les gemmes se détacheront ; Quand les cœurs fidèles ne palpiteront plus Et que les êtres aimés auront disparu, Oh ! qui donc voudrait habiter seul En ce monde désert !
Thomas Moore (« Mélodies irlandaises », 1807-1834)
« Celui qui sait d’où vient l’aurore qui se lève, Ouvre ses yeux noyés d’allégresse et d’amour, Il reprend son fardeau que la vertu soulève S’élance, et dit « Marchons à la clarté du jour ! » Lamartine
L’attente exacerbe le désir… L’attente est un tas de braise… L’attente est l’antichambre de la tentation… L’attente est la salivation du mets à venir… L’attente de l’être aimé est torture et supplice…
L’attente semeuse de doutes… L’attente génératrice d’illusions… L’attente tricoteuse de chimères… L’attente comme ultime motivation… L’attente comme bouée de sauvetage…
L’attente suscite une si grande soif… L’attente ressuscite tant et tant d’espoirs… L’attente comme promesse de joie et d’amour… L’attente comme gage d’amour et de bonheur… L’attente, l’attention, la tension vers l’inaccessible étoile !