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Depuis Montréal où il vit,

Dany Laferrière(clic)

a lu son poème

en direct à la télévision lors de l’émission Québec Matin.

Il évoque ses souvenirs d’errance parisienne, ces petits riens
qui font la capitale, la ville des poètes François Villon
et Louis Aragon :

« Cet art de vivre qu’aucune autre ville ne connaît mieux que Paris.»

Un poème qui apporte de la douceur,
une légèreté et quelques vagues à l’âme.
La poésie, une manière de respirer……

VIA

Paris 1983

Je marche
de jour comme de nuit
dans Paris
depuis si longtemps déjà
que je me demande
qui habite l’autre
toujours ému de savoir
qu’un poète nommé Villon
l’a fait avant moi
qu’un libérateur comme Bolivar
y a séjourné en dandy
que mon jeune voisin Jean de la rue Masson
a fêté son vingtième anniversaire jusqu’à l’aube
dans un bistro situé en face
d’une petite place faiblement éclairée.
J’aime savoir qu’il existe une ville
où les femmes aiment marcher de nuit
sans s’inquiéter des ombres et aussi parce qu’on y
trouve une station de métro avant la fatigue.
J’aime flâner dans une ville où les quartiers contrastés
fleurissent au bout de nos rêves.
J’aime m’arrêter à la terrasse des cafés pour
observer le ballet des serveurs.
J’aime écouter dans le métro les conversations
des jeunes filles qui racontent la soirée d’avant.
J’aime voir les jambes nues tout le long de l’été.
Cet art de vivre qu’aucune autre ville ne connaît
mieux que Paris.
Et que personne n’a mieux chanté que Villon et Aragon
ou cette jeune fille croisée boulevard Richard-Lenoir
qui s’est exclamée: «Je me suis cassé le talon mais je m’en
fous si c’est à Paris.»
Me voilà dans cette baignoire à lire, cette fois,
Paris est une fête d’Hemingway
tout en me disant qu’elle le sera toujours quoi qu’il arrive.

(Souvenir de Dany Laferrière, Montréal, 16 novembre 2015)

 

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