« Montrant son oeil blanc dès que vient le soir Elle reste là-haut, bien silencieuse Ecarquillant l’oeil afin de tout voir. Pour tout voir aussi, ses nièces, ses filles Et leurs mille enfants, les étoiles font Des trous dans le ciel avec des aiguilles Afin d’y coller leur petit oeil rond.
Quand il est bien tard, Madame la lune Descend tout le long d’un rayon follet Et pour voir chez nous, soudain l’importune Vient coller son oeil au trou des volets.
Elle ne remonte au sein des nuages Que quand les enfants dorment en tout lieu Et si quelques-uns n’ont pas été sages La lune s’en va le dire au bon Dieu »
Madame la lune est très curieuse. – (1953) de Thomas Pitfield avec Léon Xanrof (1867-1953) comme Auteur du texte
Une flèchette grise à la queue zigzaguante ! Un lézard file en biais sur la terrasse en feu Blanchie par la lumière aiguë, tonitruante Du soleil de juillet aux rais impétueux.
Laid petit tortillard et mini-dinosaure Au ventre jaune clair, à la gorge tachée, Le reptile pattu et tout ocellé d’or Est parti au matin trop loin de son pierrier.
Minuscule dragon écailleux et agile, Il vient de déguster une énorme araignée ; Mais il réapparaît et le voici qui file Aussi vif qu’un éclair sur le haut du muret.
J’essaie de l’attraper… et je n’ai plus en main Qu’un tronçon frétillant de la pauvre bestiole : Il m’a laissé sa queue. Eh ! Rapiette, reviens Que je te rafistole avec un point de colle…
L’astre est vieux d’environ 4.5 milliards d’années, il s’est formé par l’effondrement gravitationnel d’une nébuleuse sur elle-même.
« Ce père nourricier, ennemi des chloroses, Eveille dans les champs les vers comme les roses ; Il fait s’évaporer les soucis vers le ciel, Et remplit les cerveaux et les ruches de miel. C’est lui qui rajeunit les porteurs de béquilles Et les rend gais et doux comme des jeunes filles, Et commande aux moissons de croître et de mûrir Dans le coeur immortel qui toujours veut fleurir ! » Baudelaire
Aujourd’hui, il nous « surchauffe » et les roses, et tout…et tout… sont souffrance !
« Je ne crois plus au langage des fleurs Et l’Oiseau bleu pour moi ne chante plus. Mes yeux se sont fatigués des couleurs Et me voici las d’appels superflus.
C’est, en un mot, la triste cinquantaine. Mon âge mûr, pour tous fruits tu ne portes Que vue hésitante et marche incertaine Et ta frondaison n’a que feuilles mortes !
Mais des amis venus de l’étranger, — Nul n’est, dit-on, prophète en son pays — Du moins ont voulu, non encourager, Consoler un peu ces lustres haïs.
Ils ont grimpé jusques à mon étage
Et des fleurs plein les mains, d’un ton sans leurre.
Souhaité gentiment à mon sot âge
Beaucoup d’autres ans et santé meilleure,
Et comme on buvait à ces vœux du cœur Le vin d’or qui rit dans le cristal fin. Il m’a semblé que des bouquets, en chœur, S’élevaient des voix sur un air divin ;
Et comme le pinson de ma fenêtre Et le canari, son voisin de cage. Pépiaient, gaiement, je crus reconnaître L’Qiseau bleu qui chantait dans le bocage. »
‘Paul Verlaine
Dans quelques jours, je vais partir loin de la ville…. Là où tant de souvenirs emplissent mon coeur. Ce n’est pas le Sud….. mais j’adore cette chanson ! Je viendrai De temps en temps vous faire un p’tit coucou…
« Le soleil fendille la terre, Aucun bruit ne trouble les champs ; On n’entend plus les joyeux chants Des oiseaux qui chantaient naguère. Tous par la chaleur assoupis Sous les buissons se sont tapis.
Provence – A Barbentane…Clic pour agrandir la photo.
« Seule une cigale est sur l’aire. Son ventre sonore se meut ; Sur une gerbe elle est posée ; Seule elle n’est point épuisée Par l’astre à l’haleine de feu. Et la chanteuse infatigable Jette dans l’air brûlant et bleu Sa ritournelle interminable. »
Coucou ! Le tonnerre est en vacances ? Il a perdu son jeu de boules ? Les nuages n’éclatent plus ? Plus d’eau… Plus de pluie… Pour mettre fin A cette sécheresse Qui envahit Notre terre Qui se craquelle…..
Photo : Simon Garden
« La terre sèche craque et ne peut plus attendre, Mais le ciel est trop bleu pour qu’on ose espérer. Le vent pose un linceul sur le sol surchauffé, Voilage arachnéen tout piqueté de cendres.
Pas une goutte d’eau sous le grand soleil fou Qui ravage les bois en les poudrant de roux, Et les fleurs assoiffées ont un teint bien trop pâle.
C’est aujourd’hui que les enfants Font manger la soupe à leur mère, Apprennent à lire à leur père Et font voler les éléphants : Tout est permis, tout est facile, Puisque c’est le Premier Avril ! Mon livre de calcul fleurit, Mon vélo agite ses ailes, La crémière est une gazelle, Et la Loire passe à Paris, Capitale de la Sicile, Pour fêter le Premier avril. J’ai entendu chanter mon chien, J’ai vu flotter une baleine, Dans un bocal de porcelaine. J’ai vu un Académicien, Embrasser un sergent de ville, Et vive le Premier Avril ! Ce qui gratte un peu dans le dos, Est-ce une tour de Notre Dame ? Un baiser ? un hippopotame ? Est-ce une corne d’escargot ? C’est peut-être une automobile ? Mais non ! c’est un poisson d’avril ! Petit poisson deviendra grand : Dans le salon où tu te caches, Si je t’attrape, je t’attache. Je pêche avec toi le printemps, Qui saute et qui danse au bout du fil Comme un joli Poisson d’avril Noël PRÉVOST