Le croissant de lune A disparu depuis longtemps… Pinpin se leva… Chercha ses chaussons Brandit la baguette…
Ce n’était pas un bâtard ! Il croqua le crouton, Dur et croustillant Devant son a-mie friand-e de mie Et boulangère à ses heures…
Il n’en laissa pas une miette ! La brioche ne lui faisait pas peur ! Ce n’était pourtant pas une ficelle ! Mais pour lui, il y a quelque temps Cela n’avait pas été du tout cuit…
Roulé dans la farine par quelques mitrons Il avait mangé son pain dur Et même du pain perdu….. Longtemps dans le pétrin Il avait donc souvent les boules Et hésitait même à se garer en épis !
Soudain, il se souvint de son a-mie Toujours au four et au moulin. Il lui tendit un pain au chocolat… Dans sa boutique elle se faisait du blé Avec les galettes… et les bugnes… Ses couronnes et ses miches…
Tout allait croissant !
En plus elle était mi-mi !
Avec elle il aurait toujours un casse-croute Et des miches bien dorées Pour une bouchée de pain !
Ma « fouée »il devrait se mettre au boulot !
A lui la gâche normande Peut-être la fougasse La pissaladière… miam… Sûrement pas de biscotte…
Il faut qu’il réfléchisse… Ca ne mange pas de pain !
Dites si c’était vrai S’il était né vraiment à Bethléem dans une étable Dites si c’était vrai Si les rois Mages étaient vraiment venus de loin de fort loin Pour lui porter l’or la myrrhe l’encens Dites si c’était vrai Si c’était vrai tout ce qu’ils ont écrit Luc Matthieu Et les deux autres Dites si c’était vrai Si c’était vrai le coup des Noces de Cana Et le coup de Lazare Dites si c’était vrai Si c’était vrai ce qu’ils racontent les petits enfants Le soir avant d’aller dormir Vous savez bien quand ils disent Notre Père
quand ils disent Notre Mère Si c’était vrai tout cela Je dirais oui Oh sûrement je dirais oui Parce que c’est tellement beau tout cela Quand on croit que c’est vrai.
Qui n’est pas fatigué après ces fêtes ? Trop mangé, trop bu (!) trop couru pour trouver le cadeau qui fera plaisir quand le vieux bonhomme Noël ne l’aura pas trouvé ! Et peut-être aussi après une année remplie de soucis et de mauvais souvenirs… Et maintenant la déco a ranger !
Flapis, fourbus…harassés…patraques… raplaplas …. nous sommes !
Pourtant je me souviens de quelqu’un qui a fait l’éloge de la fatigue !
ECOUTEZ !
« Vous me dites, Monsieur, que j’ai mauvaise mine, Qu’avec cette vie que je mène, je me ruine, Que l’on ne gagne rien à trop se prodiguer, Vous me dites enfin que je suis fatigué.
Oui je suis fatigué, Monsieur, mais je m’en flatte. J’ai tout de fatigué, la voix, le coeur, la rate, Je m’endors épuisé, je me réveille las, Mais grâce à Dieu, Monsieur, je ne m’en soucie pas. Ou quand je m’en soucie, je me ridiculise. La fatigue souvent n’est qu’une vantardise. On n’est jamais aussi fatigué qu’on le croit ! Et quand cela serait, n’en a-t-on pas le droit ? »
« Je ne vous parle pas des tristes lassitudes, Qu’on a lorsque le corps harassé d’habitude, N’a plus pour se mouvoir que de pâles raisons… Lorsqu’on a fait de soi son unique horizon… Lorsqu’on a rien à perdre, à vaincre, ou à défendre… Cette fatigue-là est mauvaise à entendre ; Elle fait le front lourd, l’oeil morne, le dos rond. Et vous donne l’aspect d’un vivant moribond…
Mais se sentir plier sous le poids formidable Des vies dont un beau jour on s’est fait responsable, Savoir qu’on a des joies ou des pleurs dans ses mains, Savoir qu’on est l’outil, qu’on est le lendemain, Savoir qu’on est le chef, savoir qu’on est la source, Aider une existence à continuer sa course, Et pour cela se battre à s’en user le coeur… Cette fatigue-là, Monsieur, c’est du bonheur.
Et sûr qu’à chaque pas, à chaque assaut qu’on livre, On va aider un être à vivre ou à survivre ; Et sûr qu’on est le port et la route et le gué, Où prendrait-on le droit d’être trop fatigué ? Ceux qui font de leur vie une belle aventure, Marquent chaque victoire, en creux, sur la figure, Et quand le malheur vient y mettre un creux de plus Parmi tant d’autres creux il passe inaperçu.
La fatigue, Monsieur, c’est un prix toujours juste, C’est le prix d’une journée d’efforts et de lutte. C’est le prix d’un labeur, d’un mur ou d’un exploit, Non pas le prix qu’on paie, mais celui qu’on reçoit. C’est le prix d’un travail, d’une journée remplie, C’est la preuve, Monsieur, qu’on vit avec la vie.
Quand je rentre la nuit et que ma maison dort, J’écoute mes sommeils, et là, je me sens fort ; Je me sens tout gonflé de mon humble souffrance, Et ma fatigue alors est une récompense.
Et vous me conseillez d’aller me reposer ! Mais si j’acceptais là, ce que vous proposez, Si je m’abandonnais à votre douce intrigue… Mais je mourrais, Monsieur, tristement… de fatigue. »
« Il faudrait un peu savoir ce que tu veux, me dit-il… Depuis près d’un an, tu me cries après, matin et soir, de démonter les guirlandes de Noël. Et, aujourd’hui, où je me décide à le faire, tu viens me dire que ce n’est plus la peine,… ???
parce que Noël, c’est à la fin de la semaine ! «
ALORS !
Noël vient d’être annulé et c’est de ta faute ! Tout ça parce que j’ai été voir le père Noël pour lui dire que tu avais été sage… et il a tellement rigolé qu’il est mort de rire. On fait comment maintenant ? ? ?
PENSEES DU JOUR
Noël c’est vraiment un moment magique. D’un tour il fait disparaître toutes tes économies. Et le pire, c’est qu’il nous refait le coup tous les ans !
J’adore écouter les petits chanteurs de Noël qui chantent la paix sur terre ! Le problème c’est qu’il ne disent pas où !
« L’adulte ne croit pas au père Noël. Il vote. » Pierre Desproges
» Tu fais quoi pour Noël ? – Je prends deux kilos. » Anna Gavalda
« Noël est le seul jour de l’année où les hommes se conduisent comme les oies du Périgord, mais sans se forcer » Pierre Desproges
« J’avais mis mes souliers devant la cheminée, le Père Noël m’a apporté des pieds. » Philippe Geluck
« Sapin de noël : on aura même réussi à rendre les arbres ridicules. » Sylvain Tesson
« Mille cinq cents oies du Périgord ont entamé une grève de la faim à quelques jours de Noël. On ignore encore les causes d’une telle décision. » Daniel Prévost
« A noël certains vivent de dindes alors que d’autres vivent d’un don » Marc Escayrol
« On a calculé que les fêtes de Noël provoquent chaque année la mort de dix mille fois plus de jeunes sapins en bonne santé que ne le font tous les incendies de forêt du mois d’août. » Cavana
« On dit que la jeunesse ne croit plus à rien. Quelle tristesse ! Et si un jour le Père Noël ne croyait plus aux enfants ! » Pierre Doris
« C’est NOEL : il est temps de rallumer les étoiles… » Apollinaire
« L’air est rugueux et cru ; Un chat près du foyer se pelotonne ; Et tout à coup au coin du bois résonne, Monotone et discord, L’appel tintamarrant des cors D’automne…. » Émile Verhaeren
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« Tu pleures sur l’aurore et ses rayons dorés, Sur tes matins joyeux, riches d’inexploré. Ils se sont éloignés dans l’océan d’oubli Embarquant dans leurs flancs tes ardentes folies. » Bernard SELLIER
« Notre forme au soleil nous suit, marche, s’arrête, Imite gauchement nos gestes et nos pas, Regarde sans rien voir, écoute et n’entend pas, Et doit ramper toujours quand nous levons la tête. » Sully Prudhomme
Raymond Devos né le 9 novembre 1922 à Mouscron en Belgique et mort le 15 juin 2006 à Saint-Rémy-lès-Chevreuse dans les Yvelines
OUÏ DIRE … Il y a des verbes qui se conjuguent très irrégulièrement. Par exemple le verbe OUÏR
Le verbe ouïr, au présent, ça fait : J’ois …J’ois … Si, au lieu de dire » j’entends « , je dis » j’ois « , les gens vont penser que ce que je dis est joyeux; alors que ce que j’entends peut être triste. Il faut préciser : » Dieu ! que ce que j’ois est triste ! « J’ois … Tu ois … Tu ois mon chien qui aboie le soir au fond des bois ? Il oit … Oyons-nous ? Vous oyez ! Ils oient. C’est bête ! L’oie oit ? Elle oit, l’oie ! Ce que nous oyons, l’oie l’oit-elle ? Si au lieu de dire « l’oreille », on dit « l’ouie », alors : L’ouie de l’oie a ouï. Pour peu que l’oie appartienne à Louis : » L’ouie de l’oie de Louis a ouï « » Ah oui ? « » Et qu’a ouï l’ouïe de l’oie de Louis ? « » Elle a ouï ce que toute oie oit … « » Et qu’oit toute oie ? « » Toute oie oit, quand mon chien aboie le soir au fond des bois, toute oie oit : Ouah ! Ouah ! « Qu’elle oit, l’oie ! … » Au passé ça fait : J’ouis … J’ouis ! Il n’y vraiment pas de quoi !
Carte postale ancienne. En route pour le marché des oies dans les Landes.