perroquet 027

Mère Jeanne de la Perpétuelle Macération,

Abbesse du couvent Sainte Pétronille,

se confie au Père Kluh, aumônier du moutier,

connu pour sa grande sagesse…

et une débrouillardise certaine….

–   Révérend Père, je voudrais vous entretenir d’un problème

qui, bien que bassement matériel,

n’est pas sans perturber certaines de nos sœurs…

–   Parlez, ma Mère ! Si je puis, en la matière,

vous être d’une quelconque utilité…

–   Voilà mon Père : notre communauté, respectueuse

de toutes les créatures de Dieu,

a recueilli deux perroquets femelles.

Or, ces volatiles qui ne connaissent qu’une seule

phrase qu’elles répètent inlassablement.

–   Et quelle est cette phrase, je vous prie ?

–   Nous sommes des prostituées, venez vous amuser avec nous !

Vous conviendrez, mon Père, que cette litanie

a de quoi troubler nos sœurs !

–   Effectivement, ce langage est vraiment déplacé en ce saint lieu !

Mais j’ai peut-être une solution…

–   Oh mon Père ! Nous vous serions infiniment reconnaissantes !

–   Voilà ! Je possède moi-même deux perroquets mâles

auxquels j’ai appris à prier

et à lire la Bible.

Je vous les prête, vous réunirez les quatre oiseaux

et ainsi vosdeux femelles apprendront à louer et à adorer Dieu.

Lors de ma prochaine visite hebdomadaire,

vous me rendrez compte du résultat de l’opération.

Sitôt dit, sitôt fait ! La religieuse rapporte les deux volatiles du prêtre

au couvent et lesintroduit dans la volière des deux « perroquettes »

au langage impie.

La semaine suivante :

–   Alors, ma Mère ? Votre problème de perroquets est-il résolu ?

–   Oh, Révérend Père ! Le remède s’est révélé pire que le mal !

–   Comment cela ? Expliquez-moi tout !

–   Aussitôt vos deux perroquets introduits dans la volière,

nos deux femelles ontentamé leur antienne :

–   Nous sommes des prostituées, venez vous amuser avec nous !

Alors un de vos deux oiseaux a dit à son compagnon :

–   Tu peux ranger ta Bible ! Nos prières sont exaucées !

Mère Jeanne de la Perpétuelle Macéra …

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