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Feuilles de Choux

~ Au fil des jours !…..

Feuilles de Choux

Archives de Catégorie: POEMES

Des choses que je ne dis a Personne … Alors …

02 lundi Déc 2013

Posted by monett in POEMES

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Aragon, Il y a des choses

Il y a des choses que je ne dis a Personne Alors
Elles ne font de mal à personne Mais
Le malheur c’est
Que moi
Le malheur le malheur c’est
Que moi ces choses je les sais

Il y a des choses qui me rongent La nuit
Par exemple des choses comme
Comment dire comment des choses comme des songes
Et le malheur c’est que ce ne sont pas du tout des songes

Il y a des choses qui me sont tout à fait
Mais tout à fait insupportables même si
Je n’en dis rien même si je n’en
Dis rien comprenez comprenez moi bien

Alors ça vous parfois ça vous étouffe
Regardez regardez moi bien
Regardez ma bouche
Qui s’ouvre et ferme et ne dit rien

Penser seulement d’autre chose
Songer à voix haute et de moi
Mots sortent de quoi je m’étonne
Qui ne font de mal à personne

Au lieu de quoi j’ai peur de moi
De cette chose en moi qui parle

Je sais bien qu’il ne le faut pas
Mais que voulez-vous que j’y fasse
Ma bouche s’ouvre et l’âme est là
Qui palpite oiseau sur ma lèvre

O tout ce que je ne dis pas
Ce que je ne dis à personne
Le malheur c’est que cela sonne
Et cogne obstinément en moi
Le malheur c’est que c’est en moi
Même si n’en sait rien personne
Non laissez moi non laissez moi
Parfois je me le dis parfois
Il vaut mieux parler que se taire

Et puis je sens se dessécher
Ces mots de moi dans ma salive
C’est là le malheur pas le mien
Le malheur qui nous est commun
Épouvantes des autres hommes
Et qui donc t’eut donné la main
Étant donné ce que nous sommes

Pour peu pour peu que tu l’aies dit
Cela qui ne peut prendre forme
Cela qui t’habite et prend forme
Tout au moins qui est sur le point
Qu’écrase ton poing
Et les gens Que voulez-vous dire
Tu te sens comme tu te sens
Bête en face des gens Qu’étais-je
Qu’étais-je à dire Ah oui peut-être
Qu’il fait beau qu’il va pleuvoir qu’il faut qu’on aille
Où donc Même cela c’est trop
Et je les garde dans les dents
Ces mots de peur qu’ils signifient

Ne me regardez pas dedans
Qu’il fait beau cela vous suffit
Je peux bien dire qu’il fait beau
Même s’il pleut sur mon visage
Croire au soleil quand tombe l’eau
Les mots dans moi meurent si fort
Qui si fortement me meurtrissent
Les mots que je ne forme pas
Est-ce leur mort en moi qui mord

Le malheur c’est savoir de quoi
Je ne parle pas à la fois
Et de quoi cependant je parle

C’est en nous qu’il nous faut nous taire

Louis ARAGON


Recueil : « Le Fou d’Elsa »

Faites-les rougir !

05 jeudi Sep 2013

Posted by monett in PHOTOS, POEMES

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tomate

Trop timide, la tomate
devient écarlate
quand on lui dit qu’elle est belle.
Un rien l’épate,
elle se dresse sur ses pattes
pour imiter les hirondelles.
Elle rêve d’avoir des ailes,
s’arrondit, se gratte,
se gonfle d’eau, se dilate,
mais à chaque fois ça rate :
aucune plume ne pousse
à son épaule tendre et douce.
La tomate échec et mat,
se résigne, s’acclimate,
mais sous son air ombrageux,
puisque le ciel est paradis perdu,
elle mijote dans son jus
d’aromates,
un songe rouge et nuageux.
Charles DOBZYNSKI

clic pour agrandir..
tomates

Nénuphars

16 jeudi Mai 2013

Posted by monett in NATURE, POEMES

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Edmond Rostand, nénuphars, Paul Verlaine

L’étang dont le soleil chauffe la somnolence
Est fleuri, ce matin, de beaux nénuphars blancs ;
Les uns, sortis de l’eau, se dressent tout tremblants,
Et dans l’air parfumé leur tige se balance.

D’autres n’ont encor pu fièrement émerger :
Mais leur fleur vient sourire à la surface lisse.
On les voit remuer doucement et nager :
L’eau frissonnante affleure aux bords de leur calice.
Edmond Rostand  (1868-1918)

water lilies blooming – timelapse from Vincenzo Di Nuzzo on Vimeo.

VIA

Promenade sentimentale

Le couchant dardait ses rayons suprêmes
Et le vent berçait les nénuphars blêmes ;
Les grands nénuphars entre les roseaux
Tristement luisaient sur les calmes eaux.
Moi j’errais tout seul, promenant ma plaie
Au long de l’étang, parmi la saulaie
Où la brume vague évoquait un grand
Fantôme laiteux se désespérant
Et pleurant avec la voix des sarcelles
Qui se rappelaient en battant des ailes
Parmi la saulaie où j’errais tout seul
Promenant ma plaie ; et l’épais linceul
Des ténèbres vint noyer les suprêmes
Rayons du couchant dans ses ondes blêmes
Et les nénuphars, parmi les roseaux,
Les grands nénuphars sur les calmes eaux.

Paul Verlaine
Poèmes saturniens

Dans Paris il y a une rue…

15 mardi Mai 2012

Posted by monett in POEMES

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Paris, Paul Eluard

    Dans Paris il y a une rue ;
Dans cette rue il y a une maison ;
Dans cette maison il y a un escalier ;
Dans cet escalier il y a une chambre ;
Dans cette chambre il y a une table ;
Sur cette table il y a un tapis ;
Sur ce tapis il y a une cage ;
Dans cette cage il y a un nid ;
Dans ce nid il y a un œuf,
Dans cet œuf il y a un oiseau.
L’oiseau renversa l’œuf ;
L’œuf renversa le nid ;
Le nid renversa la cage;
La cage renversa le tapis ;
Le tapis renversa la table ;
La table renversa la chambre ;
La chambre renversa l’escalier ;
L’escalier renversa la maison ;
La maison renversa la rue ;
La rue renversa la ville de Paris.
Paul Eluard

paris10.jpg

Photo du Net

 

Puisque c’est le Premier Avril !

01 dimanche Avr 2012

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Noël PRÉVOST, Poisson d'avril

poissons-.jpg

Poisson d’avril !

C’est aujourd’hui que les enfants
Font manger la soupe à leur mère,
Apprennent à lire à leur père
Et font voler les éléphants :
Tout est permis, tout est facile,
Puisque c’est le Premier Avril !
Mon livre de calcul fleurit,
Mon vélo agite ses ailes,
La crémière est une gazelle,
Et la Loire passe à Paris,
Capitale de la Sicile,
Pour fêter le Premier avril.
J’ai entendu chanter mon chien,
J’ai vu flotter une baleine,
Dans un bocal de porcelaine.
J’ai vu un Académicien,
Embrasser un sergent de ville,

Et vive le Premier Avril !

Ce qui gratte un peu dans le dos,
Est-ce une tour de Notre Dame ?
Un baiser ? un hippopotame ?
Est-ce une corne d’escargot ?
C’est peut-être une automobile ?

Mais non ! c’est un poisson d’avril !

Petit poisson deviendra grand :
Dans le salon où tu te caches,
Si je t’attrape, je t’attache.
Je pêche avec toi le printemps,
Qui saute et qui danse au bout du fil
Comme un joli Poisson d’avril

Noël PRÉVOST

Une noix…..

21 mercredi Mar 2012

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Jean-Pierre Claris de FLORIAN, noix

La guenonde , le singe et la noix

Une jeune guenon cueillit
Une noix dans sa coque verte ;
Elle y porte la dent, fait la grimace… ah ! Certe,
Dit-elle, ma mère mentit
Quand elle m’assura que les noix étaient bonnes.
Puis, croyez aux discours de ces vieilles personnes
Qui trompent la jeunesse ! Au diable soit le fruit !
Elle jette la noix. Un singe la ramasse,
Vite entre deux cailloux la casse,
L’épluche, la mange, et lui dit :
Votre mère eut raison, ma mie :
Les noix ont fort bon goût, mais il faut les ouvrir.
Souvenez-vous que, dans la vie,
Sans un peu de travail on n’a point de plaisir.

Jean-Pierre Claris de FLORIAN (1755-1794)

NOIX.jpg

.

L’enfance

19 lundi Mar 2012

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enfance, Gérard De Nerval(

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L’enfance

Qu’ils étaient doux ces jours de mon enfance
Où toujours gai, sans soucis, sans chagrin,
je coulai ma douce existence,
Sans songer au lendemain.
Que me servait que tant de connaissances
A mon esprit vinssent donner l’essor,
On n’a pas besoin des sciences,
Lorsque l’on vit dans l’âge d’or !
Mon coeur encore tendre et novice,
Ne connaissait pas la noirceur,
De la vie en cueillant les fleurs,
Je n’en sentais pas les épines,
Et mes caresses enfantines
Étaient pures et sans aigreurs.
Croyais-je, exempt de toute peine
Que, dans notre vaste univers,
Tous les maux sortis des enfers,
Avaient établi leur domaine ?

Nous sommes loin de l’heureux temps
Règne de Saturne et de Rhée,
Où les vertus, les fléaux des méchants,
Sur la terre étaient adorées,
Car dans ces heureuses contrées
Les hommes étaient des enfants.

Gérard De Nerval (1808-1855)

roses119

 

Grand-Mère !

04 dimanche Mar 2012

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Jacques Prévert, poème

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La vie n’a pas d’âge.
La vraie jeunesse ne s’use pas.
On a beau l’appeler souvenir,
On a beau dire qu’elle disparaît,
On a beau dire et vouloir dire que tout s’en va,
Tout ce qui est vrai reste là.
Quand la vérité est laide, c’est une bien fâcheuse histoire,
Quand la vérité est belle, rien ne ternit son miroir.
Les gens très âgés remontent en enfance
Et leur coeur bat
Là où il n’y a pas d’autrefois.

Jacques Prévert

Le bébé du calendrier

26 dimanche Fév 2012

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Céline Blondeau, Février

C-est-moi-Fevrier.jpg
C’est moi Février, le mois le plus court de l’année.

Habituellement, je n’ai que vingt-huit jours de labeur,
un travail que j’affronte sans peur.
Je suis fringant et enjoué,
on m’appelle le bébé du calendrier.

Je suis ici car Janvier m’a prié de le remplacer.
Il a travaillé tel un forcené et le pauvre s’est épuisé.
Trente et un jours à bûcher alors que moi je quitte au plus vite,

car je sais que j’importune ceux que je visite.
Je suis l’intrus de l’hiver, je vous apporte peines et misères.
Ce n’est pas pour mal faire, j’ai un sale caractère !

Comme un enfant je m’amuse et j’use de toutes mes ruses.
J’aime la neige, le ciel gris et regarder courir la poudrerie.
J’adore quand il fait froid et rire de vous qui marchez d’un pas maladroit.
Je suis si sournois sans toutefois avoir honte de moi.
Je pourrais être plus discret et même me cacher,
mais au contraire, je me plais à narguer

tous ceux qui ont le bout du nez gelé !
Je devrais cesser de vous embêter

mais j’aime être remarqué.

Pour vous consoler, j’envoie Cupidon de ses flèches armé.
L’angelot et sa chaleur ardente, qui fait fondre les plus durs,

même dans la tourmente.
Les mots doux et les amours papillonnantes sont au rendez-vous

pour les coeurs qui les acceptent sans trop d’attente.

Je suis Février, mois de l’amour

qui fait oublier sarcasmes et méchancetés.
Voulez-vous me pardonner ?

Céline Blondeau

L’accent

17 jeudi Nov 2011

Posted by monett in POEMES

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De l’accent ! De l’accent ! Mais après tout en-ai-je ?

Pourquoi cette faveur ? Pourquoi ce privilège ?

Et si je vous disais à mon tour, gens du Nord,

Que c’est vous qui pour nous semblez l’avoir très fort

Que nous disons de vous, du Rhône à la Gironde,

« Ces gens là n’ont pas le parler de tout le monde ! »

Et que, tout dépendant de la façon de voir,

Ne pas avoir l’accent, pour nous, c’est en avoir…

Eh bien non ! je blasphème ! Et je suis las de feindre !

Ceux qui n’ont pas d’accent, je ne puis que les plaindre !

Emporter de chez soi les accents familiers,

C’est emporter un peu sa terre à ses souliers,

Emporter son accent d’Auvergne ou de Bretagne,

C’est emporter un peu sa lande ou sa montagne !

Lorsque, loin du pays, le cœur gros, on s’enfuit,

L’accent ? Mais c’est un peu le pays qui vous suit !

C’est un peu, cet accent, invisible bagage,

Le parler de chez soi qu’on emporte en voyage !

C’est pour les malheureux à l’exil obligés,

Le patois qui déteint sur les mots étrangers !

Avoir l’accent enfin, c’est, chaque fois qu’on cause,

Parler de son pays en parlant d’autre chose !…

Non, je ne rougis pas de mon fidèle accent !

Je veux qu’il soit sonore, et clair, retentissant !

Et m’en aller tout droit, l’humeur toujours pareille,

En portant mon accent fièrement sur l’oreille !

Mon accent! Il faudrait l’écouter à genoux !

Il nous fait emporter la Provence avec nous,

Et fait chanter sa voix dans tous mes bavardages

Comme chante la mer au fond des coquillages !

Ecoutez! En parlant, je plante le décor

Du torride Midi dans les brumes du Nord !

Mon accent porte en soi d’adorables mélanges

D’effluves d’orangers et de parfum d’oranges;

Il évoque à la fois les feuillages bleu-gris

De nos chers oliviers aux vieux troncs rabougris,

Et le petit village où les treilles splendides

Éclaboussent de bleu les blancheurs des bastides !

Cet accent-là, mistral, cigale et tambourin,

A toutes mes chansons donne un même refrain,

Et quand vous l’entendez chanter dans ma parole

Tous les mots que je dis dansent la farandole !

Miguel Zamacoïs (1866-1955)

 

L’été 1951 (juste après le tournage de Don Camillo)

voit la sortie d’un disque « recueil » de chansons de Fernandel.

Au verso de la pochette du disque, on trouvera

un des plus beaux poèmes jamais enregistrés

par le comédien,

extrait de « La fleur merveilleuse »,

et dont Miguel Zamacoïs  est l’auteur.

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