« Ô poètes, troublés d’un éternel émoi, N’avez-vous pas souvent envié comme moi Le paisible bonheur d’un pêcheur à la ligne ? »
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Les pieds dans l’eau, bien plus persévérant qu’habile, Portant, pendue au col, sa boîte aux asticots, Sous l’arche du vieux pont sombre et pleine d’échos, Le pêcheur s’est tenu, tout le jour, immobile.
Il ne voit ni le soir qui tombe, ni la ville Qui s’endort dans des bruits vagues et musicaux, Ni, sur les quais, à des intervalles égaux, Le gaz qui fait éclore une étoile débile.
Puis, quand il ne peut plus observer les plongeons De son liège, content de trois maigres goujons, A rentrer au logis enfin il se résigne.
Ô poètes, troublés d’un éternel émoi, N’avez-vous pas souvent envié comme moi Le paisible bonheur d’un pêcheur à la ligne ?
“Un bon pêcheur meurt debout dans sa barque.” Proverbe québécois
“Il ne faut pas vouloir la mort du pécheur, fut-il à la ligne.” Paul-Jean Toulet
“Tous les hommes sont à la fois pécheurs et saints quand ils ne sont pas criminels et martyrs.” Guillaume Apollinaire
“Mais, per la Madonna ! je ne me trompe pas : c’est Tintin et son ami le patron-pêcheur Bardock ! Je vais les accueillir. L’Art doit ouvrir ses bras aux enfants de l’Aventure !” Hergé
La vie, c’est comme un tricot. Dieu te donne la laine et les aiguilles et Il te dit : « Tricote de ton mieux, une maille à la fois! » Une maille, c’est une journée sur l’aiguille du temps. Tu montes 30 ou 31 mailles. Après douze rangs de tricot, tu as 363 mailles Quelques unes sont tricotées à l’endroit, d’autres à l’envers Il y a aussi des mailles échappées mais tu peux les reprendre. Tu as peut-être déjà plus de 1500 mailles et 500 rangs de tricotés ! Mais Dieu seul sait, quelle sera la longueur de ta vie! La laine que le Seigneur te donne pour tricoter ta vie,
est de toutes les couleurs : Rose comme tes joies, Noire comme tes peines, Grise comme tes doutes, Verte comme tes espérances, Rouge comme ton amour ou tes amitiés, Bleue comme tes désirs, Blanche comme ton don total au Dieu que tu aimes! Père, donne-moi le courage de terminer mon « tricot » afin qu’un jour, devant mes frères et sœurs, je te l’offre avec toute ma joie.
« La haute cathédrale est grise, presque noire, Et découpe un profil austère sur les cieux. Une voix vague sort des blocs silencieux : Dans leur langue gothique ils nous disent de croire.
C’est le reflet et c’est la vibrante mémoire Des âges d’autrefois sauvages et pieux. On sent qu’en ce grand corps est l’âme des aïeux, Et cela vous émeut comme une vieille histoire.
Avez-vous remarqué cette forme des tours, Qui montent, et qui vont diminuant toujours, Pour porter le plus haut possible la prière ?
Que vous croyiez ou non, vous ne souriez pas De voir ces murs géants, semblables à des bras, Tendre vers le Seigneur leurs sombres mains de pierre.«
Ça le porte à ses lèvres Et ça part en chantant Un enfant Avec un peu de chance Ça entend le silence Et ça pleure des diamants Et ça rit à n’en savoir que faire Et ça pleure en nous voyant pleurer Ça s’endort de l’or sous les paupières Et ça dort pour mieux nous faire rêver Un enfant Ça écoute le merle Qui dépose ses perles Sur la portée du vent
Un enfant C’est le dernier poète D’un monde qui s’entête A vouloir devenir grand Et ça demande si les nuages ont des ailes Et ça s’inquiète d’une neige tombée Et ça croit que nous sommes fidèles Et ça se doute qu’il n’y a plus de fées Mais un enfant Et nous fuyons l’enfance Un enfant Et nous voilà passants Un enfant Et nous voilà patience Un enfant Et nous voilà passés…
Connaissez-vous la rose-lune Connaissez-vous la rose-temps L’autre ressemble autant à l’une Que dans le miroir de l’étang L’une à l’autre se reflétant
Connaissez-vous la rose-amère Faite de sel et de refus Celle qui fleurit sur la mer Entre le flux et le reflux Comme l’arc après qu’il a plu
La rose-songe et la rose-âme Par bottes au marché vendues La rose-jeu la rose-gamme Celle des amours défendues Et la rose des pas perdus
Connaissez-vous la rose-crainte Connaissez-vous la rose-nuit Toutes les deux qui semblent peintes Comme à la lèvre est peint le bruit Comme à l’arbre est pendu le fruit
Toutes les roses que je chante Toutes les roses de mon choix Toutes les roses que j’invente Je les vante en vain de ma voix Devant la Rose que je vois.