« Et j’avais une fleur, messagère odorante Des premières senteurs du printemps revenu, La porte était ouverte, et d’une main tremblante J’y jetai cette fleur, et m’enfuis tout ému. » Antoine de Latour.
« Marbres et faïences Au pied d’une église L’horrible silence Des larmes et du lice Soudain il commence Cet homme en costume Quelques pas de danse À titre posthume La vie se rallume
Il tourne, il tourne et il danse Sur les pavés du parvis Dans ses bras il tient l’absence Son bel amour qu’on a ravi Il tourne, il tourne et il danse Et c’est encore de la vie Ayant parfois l’élégance De tournoyer sur les parvis
Alors lentement, d’autres l’accompagnent Il tient comme avant, l’absente compagne Dans ses mouvements, tous deux se rejoignent L’espace d’un instant, c’est la vie qui gagne C’est la vie qui gagne
Il tourne, il tourne et il danse Sur les pavés du parvis Dans ses bras il tient l’absence Son bel amour qu’on a ravi Il tourne, il tourne et il danse Et c’est encore de la vie Ayant parfois l’élégance De tournoyer sur les parvis
Il tourne, il tourne et il danse Sur les pavés du parvis Dans ses bras il tient l’absence Son bel amour qu’on a ravi Il tourne, il tourne et il danse Et c’est encore de la vie Ayant parfois l’élégance De tournoyer sur les parvis
Il tourne, il tourne et il danse Et c’est encore de la vie Ayant parfois l’élégance De tournoyer sur les parvis »
« Et oui ! Je le sais bien ! Je n’emporterai rien, Pas même l’ombre d’un nuage. Mais qu’elle est belle, dans ma main, Cette fraise sauvage ! » Maurice Carême
« Les fraises sur le plat de blanche porcelaine gardent la fraîche odeur de l’aube sur la plaine, des branches, de la mousse et des sources glacées. Sur la nappe j’ai mis ton bouquet de pensées et tandis que les yeux pensifs tu te recueilles, ce soir grave, je vois glisser entre les feuilles la lune comme dans les vieilles élégies. Un souffle tiède et pur caresse les bougies et berce la glycine et les roses blafardes et la tonnelle. Prends des fraises. Tu regardes au champagne doré le sucre se dissoudre ; le temps sur nos cheveux verse du sucre en poudre et j’aurai quelque jour de larges mèches blanches. Mais qu’importe ! ce soir vers moi si tu te penches sans crainte de l’automne et des feuilles rougies et si pour mes baisers tu souffles les bougies. »