Sur la lune, s’il te plait n’envoyez pas de général : en ferait une caserne avec la trompette et le caporal. Ne nous envoyez pas de banquier sur le satellite d’argent, ou le met dans le coffre-fort pour le montrer moyennant des frais. Ne nous envoie pas de ministre avec sa suite d’huissiers : se rempliraient de paperasse les cratères fous. Il doit être poète de la lune à la lune : avec ta tête dans la lune il est là depuis longtemps … Pour rêver les meilleurs rêves a longtemps été habitué à : sait espérer l’impossible même quand il est désespéré. Maintenant que les rêves et les espoirs devenir vrai comme des fleurs, sur la lune et sur la terre place aux rêveurs !
Les caresses des yeux sont les plus adorables ; Elles apportent l’âme aux limites de l’être, Et livrent des secrets autrement ineffables, Dans lesquels seul le fond du coeur peut apparaître.
Les baisers les plus purs sont grossiers auprès d’elles ; Leur langage est plus fort que toutes les paroles ; Rien n’exprime que lui les choses immortelles Qui passent par instants dans nos êtres frivoles.
Lorsque l’âge a vieilli la bouche et le sourire Dont le pli lentement s’est comblé de tristesses, Elles gardent encor leur limpide tendresse ;
Faites pour consoler, enivrer et séduire, Elles ont les douceurs, les ardeurs et les charmes ! Et quelle autre caresse a traversé des larmes ?
« Dans ma maison vous viendrez D’ailleurs ce n’est pas ma maison Je ne sais pas à qui elle est Je suis entré comme ça un jour Il n’y avait personne Seulement des piments rouges accrochés au mur blanc Je suis resté longtemps dans cette maison Personne n’est venu Mais tous les jours et tous les jours Je vous ai attendue
Je ne faisais rien C’est-à-dire rien de sérieux Quelquefois le matin Je poussais des cris d’animaux Je gueulais comme un âne De toutes mes forces Et cela me faisait plaisir Et puis je jouais avec mes pieds C’est très intelligent les pieds Ils vous emmènent très loin Quand vous voulez aller très loin Et puis quand vous ne voulez pas sortir Ils restent là ils vous tiennent compagnie Et quand il y a de la musique ils dansent On ne peut pas danser sans eux Faut être bête comme l’homme l’est si souvent Pour dire des choses aussi bêtes Que bête comme ses pieds gai comme un pinson
Le pinson n’est pas gai Il est seulement gai quand il est gai Et triste quand il est triste ou ni gai ni triste Est-ce qu’on sait ce que c’est un pinson D’ailleurs il ne s’appelle pas réellement comme ça C’est l’homme qui a appelé cet oiseau comme ça Pinson pinson pinson pinson
Comme c’est curieux les noms Martin Hugo Victor de son prénom Bonaparte Napoléon de son prénom Pourquoi comme ça et pas comme ça Un troupeau de bonapartes passe dans le désert L’empereur s’appelle Dromadaire Il a un cheval caisse et des tiroirs de course Au loin galope un homme qui n’a que trois prénoms Il s’appelle Tim-Tam-Tom et n’a pas de grand nom Un peu plus loin encore il y a n’importe qui Beaucoup plus loin encore il y a n’importe quoi Et puis qu’est-ce que ça peut faire tout ça
Dans ma maison tu viendras Je pense à autre chose mais je ne pense qu’à ça Et quand tu seras entrée dans ma maison Tu enlèveras tous tes vêtements Et tu resteras immobile nue debout avec ta bouche rouge Comme les piments rouges pendus sur le mur blanc Et puis tu te coucheras et je me coucherai près de toi Voilà Dans ma maison qui n’est pas ma maison tu viendras.«
Photos Janvier 2024 – Dans le Sud, petite rivière, Pas loin du Rhône.
« Dans ces bois qu’un nuage dore, Que l’ombre est lente à s’endormir ! Ce n’est pas le soir, c’est l’aurore, Qui gaîment nous semble s’enfuir ; Car nous savons qu’elle va revenir. — Ainsi, laissant l’espoir éclore Meurt doucement le souvenir. » Alfred de Musset.
Ils perdirent l’étoile, un soir ; pourquoi perd-on L’étoile ? Pour l’avoir parfois trop regardée, Les deux rois blancs, étant des savants de Chaldée, Tracèrent sur le sol des cercles au bâton. Ils firent des calculs, grattèrent leur menton, Mais l’étoile avait fui, comme fuit une idée. Et ces hommes dont l’âme eût soif d’être guidée Pleurèrent, en dressant des tentes de coton. Mais le pauvre Roi noir, méprisé des deux autres, Se dit « Pensons aux soifs qui ne sont pas les nôtres, Il faut donner quand même à boire aux animaux. » Et, tandis qu’il tenait son seau d’eau par son anse, Dans l’humble rond de ciel où buvaient les chameaux Il vit l’étoile d’or, qui dansait en silence.
« Ô poètes, troublés d’un éternel émoi, N’avez-vous pas souvent envié comme moi Le paisible bonheur d’un pêcheur à la ligne ? »
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Les pieds dans l’eau, bien plus persévérant qu’habile, Portant, pendue au col, sa boîte aux asticots, Sous l’arche du vieux pont sombre et pleine d’échos, Le pêcheur s’est tenu, tout le jour, immobile.
Il ne voit ni le soir qui tombe, ni la ville Qui s’endort dans des bruits vagues et musicaux, Ni, sur les quais, à des intervalles égaux, Le gaz qui fait éclore une étoile débile.
Puis, quand il ne peut plus observer les plongeons De son liège, content de trois maigres goujons, A rentrer au logis enfin il se résigne.
Ô poètes, troublés d’un éternel émoi, N’avez-vous pas souvent envié comme moi Le paisible bonheur d’un pêcheur à la ligne ?
“Un bon pêcheur meurt debout dans sa barque.” Proverbe québécois
“Il ne faut pas vouloir la mort du pécheur, fut-il à la ligne.” Paul-Jean Toulet
“Tous les hommes sont à la fois pécheurs et saints quand ils ne sont pas criminels et martyrs.” Guillaume Apollinaire
“Mais, per la Madonna ! je ne me trompe pas : c’est Tintin et son ami le patron-pêcheur Bardock ! Je vais les accueillir. L’Art doit ouvrir ses bras aux enfants de l’Aventure !” Hergé
« La haute cathédrale est grise, presque noire, Et découpe un profil austère sur les cieux. Une voix vague sort des blocs silencieux : Dans leur langue gothique ils nous disent de croire.
C’est le reflet et c’est la vibrante mémoire Des âges d’autrefois sauvages et pieux. On sent qu’en ce grand corps est l’âme des aïeux, Et cela vous émeut comme une vieille histoire.
Avez-vous remarqué cette forme des tours, Qui montent, et qui vont diminuant toujours, Pour porter le plus haut possible la prière ?
Que vous croyiez ou non, vous ne souriez pas De voir ces murs géants, semblables à des bras, Tendre vers le Seigneur leurs sombres mains de pierre.«
Connaissez-vous la rose-lune Connaissez-vous la rose-temps L’autre ressemble autant à l’une Que dans le miroir de l’étang L’une à l’autre se reflétant
Connaissez-vous la rose-amère Faite de sel et de refus Celle qui fleurit sur la mer Entre le flux et le reflux Comme l’arc après qu’il a plu
La rose-songe et la rose-âme Par bottes au marché vendues La rose-jeu la rose-gamme Celle des amours défendues Et la rose des pas perdus
Connaissez-vous la rose-crainte Connaissez-vous la rose-nuit Toutes les deux qui semblent peintes Comme à la lèvre est peint le bruit Comme à l’arbre est pendu le fruit
Toutes les roses que je chante Toutes les roses de mon choix Toutes les roses que j’invente Je les vante en vain de ma voix Devant la Rose que je vois.