Quelques flocons sur le sol Larmes de pluie Gouttelettes de rosée Ciel grisé Nuages étirés Soleil caché Un temps incertain Premiers jours de printemps !
« Y’a la nature qu’est tout en sueur Dans les hectares y’a du bonheur, c’est l’printemps Y’a des lilas qu’ont même plus l’temps De s’faire tout mauves ou bien tout blancs, c’est l’printemps Y’a du blé qui s’fait du mouron Les oiseaux, eux, ils disent pas non, c’est l’printemp
Y’a nos chagrins qu’ont des couleurs Y’a même du printemps chez l’malheur Y’a la mer qui s’prend pour Monet Ou pour Gauguin ou pour Manet, c’est l’printemps
Y’a des nuages qui n’ont plus d’quoi On dirait d’la barbe à papa, c’est l’printemps Y’a l’vent du nord qu’a pris l’accent Avec Mistral, il passe son temps, c’est l’printemps
Y’a la pluie qu’est passée chez Dior pour s’payer l’modèle Soleil d’Or Y’a la route qui s’fait nationale Et des fourmis qui s’font la malle, c’est l’printemps
Y’a d’la luzerne au fond des lits Et puis l’faucheur qui lui sourit, c’est l’printemps Y’a des souris qui s’font les dents Sur les matous par conséquent, c’est l’printemps
Y’a des voix d’or dans un seul cri, c’est la Sixtine qui sort la nuit Y’a la nature qui s’tape un bol à la santé du rossignol, c’est l’printemps
Y’a l’beaujolais qui la ramène Et Mimi qui s’prend pour Carmen, c’est l’printemps Y’a l’île Saint-Louis qui rentre en Seine Et puis Paris qui s’y promène, c’est l’printemps Y’a l’été qui s’pointe dans la rue Et des ballots qui n’ont pas vu qu’c’était l’printemps. »
« Cloches, sonnez, le bonheur est là sur la terre Cloches, sonnez, pour un grand amour Mon cœur est épris mon âme n’est plus solitaire Je vais enfin vivre à mon tour
Ciel de toujours qu’une joie nouvelle, pure, inonde Ciel de toujours faites que ces beaux jours Demeurent à jamais et jusqu’à la fin du monde Cloches, sonnez pour mes amours
Cloches, sonnez, le printemps est là qui s’avance Cloches, sonnez, pour le mois d’avril Sonnez pour la joie, sonnez pour la vie qui recommence Sonnez, cloches, cloches des villes
Et sur les champs apportez aussi en cadence La voix du ciel qui vient sans détour Et dans la clarté de sa voûte bleue immense Cloches, sonnez, pour mes amours
Cloches, sonnez, pour tous ceux qui savent que leurs peines Vont s’effacer, vont bientôt guérir Sonnez pour ceux qui n’ont jamais eu beaucoup de veine Mais qui demain vont réussir
Main dans la main au son de ces cloches c’est la ronde De ceux qui chantent et c’est bien leur tour D’avoir du bonheur et jusqu’à la fin du monde Cloches, pour sonnez leurs amours… »